Communiqué des bahá’ís de France
Paris, le 31 mars 2011 – Six mois après avoir réduit leur peine à 10 ans, la justice iranienne a informé les sept responsables bahá’ís que leur sentence initiale de 20 ans de réclusion est rétablie.
Sévérité programmée. Le mois dernier, l’ambassade d’Iran avait confirmé la peine de prison de 10 ans lors d’une séance d’informations du Parlement européen à Bruxelles. Mais malgré des demandes répétées, personne n’a jamais reçu de copie officielle du verdict ou de la décision en appel. « Un stratagème » pour modifier facilement une décision, estime Bani Dugal, qui parle de « duplicité » et de « cynisme grossier ». La détention provisoire illégale de 30 mois, les irrégularités du procès, le refus de fournir un verdict officiel démontrent une sévérité programmée. De même dans l’exécution de la peine : les autorités ont refusé de fournir à la prison les documents qui auraient permis aux prisonniers de bénéficier d’un congé temporaire pour motif humanitaire ou d’accéder à des soins médicaux indispensables.
Les sept responsables, membres d’un groupe ad-hoc chargé de veiller aux besoins de la communauté bahá’íe iranienne, ont été incarcérés dans la prison de Gohardacht, à environ 50 kilomètres à l’ouest de Téhéran, en août dernier. Un mois après leur condamnation, la Cour d’appel a révoqué trois chefs d’inculpation d’espionnage, de collaboration avec Israël et de communication de documents secrets à des étrangers avec l’intention de porter atteinte à la sécurité de l’État. Le pouvoir judiciaire a ensuite affirmé que leur action auprès la communauté bahá’íe était illégale et fixé leur condamnation à 10 ans.
Condamnation internationale. Après le premier verdict, l’Union européenne, de nombreux pays, dont la France, des organisations de défense des droits humains ont condamné l’Iran, ce qui a pu pousser la justice iranienne à réduire la peine. Aujourd’hui, à nouveau, des voix s’élèvent.
Incitation à la haine. Pendant ce temps, dans un contexte d’incitation à la haine cautionné par l’Etat iranien, des bahá’ís subissent, entre autres persécutions, des incendies criminels de leurs lieux de travail, des intimidations pour les forcer à quitter leur maison, et quelque 79 bahá’ís sont aujourd’hui en prison en Iran. « Le gouvernement iranien doit savoir que ses actions à l’encontre des bahá’ís – et de tous ceux qu’il opprime – ne font que ternir sa réputation», indique Sophie Ménard, porte-parole des bahá’ís de France. Nous appelons les gouvernements, les organisations et toute personne impartiale, à protester contre ces actes de l’Iran ».
Pour plus d’information, vous pouvez consulter sur ce site officiel des bahá’ís de France, le dossier Iran
Contact presse : Sophie Ménard / 06 63 55 49 14 / sophie.menard@bahai.fr